Revue de presse

 

"L"envol du trio Antoinette"

 

Les guitares d'Antoine Leite, la flûte traversière de Julie Audouin, la clarinette basse d'Arnaud Rouanet… Antoinette Trio se démarque d'abord par un instrumentarium inhabituel. Mais ce n'est pas la moindre singularité de ce trio d'abord duo, auquel Arnaud s'est agrégé. Antoinette joue un répertoire lusophone, c'est-à-dire issu de toutes les cultures d'origine portugaise à travers le monde.

Du fado au forro, du Portugal au Brésil en passant par le Cap-Vert, le trio en explore toutes les latitudes. Il en surgit une nouvelle forme. Pile poil ce que l'écrivain martiniquais altermondialiste Édouard Glissant nomme «créolisation» quand il parle de «métissage culturel qui produit de l'imprévisible», dit justement Arnaud : «Nous sommes dans une recherche politique de l'art, pas une recherche esthétique.»

 

Festival de Radio-France

 

De l'imprévisible, Antoinette en a à revendre. Pas étonnant lorsque se croisent les registres classique de Julie, jazz tendance improvisation d'Arnaud, et de musiques populaires de Tony.

Le tout fait naître envolées et volutes, fruits et fuites, couleurs et coulures, cavales et cavalcades. Et des soleils levés au-delà d'horizons insoupçonnés.

Du coup, le festival de Radio France, qui a une bonne oreille, a programmé Antoinette deux fois cet été, en Lozère. Le 11 juillet à Saint-Flour de Pompidou, et le 25 juillet à Nasbinals. Quelques jours auparavant, le 26 juin, le trio se produira au festival des fifres de Saint-Pierre d'Aurillac. Et à Carcassonne ?

Michel ARCENS - Notes de jazz - 02/09/2015

 

"L'outre monde"

 

Il est des rencontres musicales qui vous surprennent, qui vous enchantent, qui vous transportent. Nous sommes heureusement (la plupart du temps) habitués à ce genre de surprises, en particulier depuis quelques décennies.

Et donc, pour parvenir aujourd’hui à nous étonner encore, à nous faire rêver à nouveau, à nous faire découvrir des mondes toujours nouveaux et étranges, il faut une imagination et une sorte d’audace extrêmement singulières. Il faut que cette musique soit le produit d’une intelligence extrême autant que de songes impossibles.

C’est pourtant ce que, depuis quelques mois, Antoinette réussit à faire.

 

Certes, personne n’a encore rencontré Antoinette. Antoinette n’est pas une musicienne mais un trio dont, si l’on dit quelques mots de chacun de ses membres, on pourrait se demander ce qu’ils font ensemble. On pourrait craindre le pire ou, dans le meilleur des cas, le « déjà-vu » ou pour mieux le dire peut-être, le « déjà-entendu ».

 

Antoinette trio réunit Julie Audouin (flûte), Arnaud Rouanet (clarinette basse) et le guitariste portugais Antoine Leite. La première est de formation classique, prix des conservatoires de Toulouse et de Paris. Le deuxième que l’on connaît déjà, notamment du côté du Trio d’en bas (ou 3dB) est un infatigable inventeur de jazz au sens le plus libre du terme, prix Jazz Migration 2010. Antoine Leite est un guitariste venu du Portugal (qui joue donc de la guitare portugaise, mais pas seulement) a participé à de nombreuses aventures du côté du théâtre et d’autres formes d’expressions où son art et sa connaissance de son pays d’origine et de ses traditions, ou bien celles du Brésil ou du Cap-Vert lui ont valu une reconnaissance unanime. Antoine Leite a aussi participé à quelques « séquences » inoubliables du Trio d’en bas évoqué plus haut.

 

La rencontre de ces trois musiciens aurait pu nous conduire tout droit, une fois de plus, vers une sorte de « world music » plus ou moins conventionnelle.

Mais au lieu de nous amener vers un monde, voire vers un nouveau monde, ils ont plutôt choisi d’aller de travers et de nous conduire vers un « outre-monde », au-delà du monde. Et, nous étonnant toujours, nous faire rêver de l’impossible. Ils peuvent bien se référer à Egberto Gismonti, au fado de Carlos Paredes, à qui ils veulent…, cela n’a pas d’importance. On ne peut que les écouter comme si c’était la première fois que nous écoutions de la musique.

 

C’est là, sans doute, un signe que la musique la plus vivante et vivace est une sorte de langue créole, comme si le créole était un langage jamais fixé, jamais définitif, toujours ouvert, immaitrisable. On peut croire qu’Antoinette trio ait mille choses à nous dire. Cela est certain. Mais seule Julie, seul Arnaud, seul Antoine savent ce qu’ils vont dire demain. Le savent-ils ? Là est la source de notre émerveillement.

 

 

 

 

Olé magasine - Jomy - 05/11/2014

 

De nos jours vouloir revisiter le folklore en général et portugais en particulier, c’est poser, contre tout traditionnalisme voire idéologie néo-libérale ou fascisante, la simple question de là d’où l’on vient et comment on s’ouvre au monde en tant que citoyen universel.

Ces musiciens ont une grande habitude de pagayer à contre-courant, pour le plus grand plaisir de nos oreilles n’en déplaise aux esprits serviles. Car ce qu’ils proposent c’est une revisite d’un fado – en dépassant ce que la dictature s’est à l’époque appropriée – qui va se colorer d’influences Cap Verdienne.

Plus loin on trouvera du Corridhino, cette danse populaire portugaise, qui va faire ami-ami avec le foro du Nordeste brésilien. Tout cela dans un subtil mélange où classique et jazz s’enlacent, s’attirent et se repoussent pour faire naître des compositions de grande qualité.

Si l’on veut rendre hommage à une histoire humaine, si l’on veut marquer ce que l’on doit à une culture, c’est bien sûr d’emprunter à celle-ci parfois en la déformant, mais toujours la respectant et signifiant avec intelligence d’où “ça” vient. Pour comprendre, cette passion partagée pour cette musique qui en croise d’autres, il faut écouter la flûte traversière de Julie Audouin donner le tempo à la guitare de Tony Leite, le pur lusitanien du groupe, et Arnaud Rouanet qui avec sa clarinette basse tient la baraque bien en place.

Mais il y a autre chose encore qui se perçoit à l’écoute de ce trio, c’est l’incroyable alchimie qu’il faut pour que cela fonctionne. Ce que Keith Jarrett raconte dans ses histoires de trio et que je n’avais jamais encore perçu. Alors ne comptez pas sur moi pour définir cette musique si subtile, juste vous dire qu’on peut l’inscrire dans cette mouvance lyonnaise de ce qui s’appelait l’A.R.F.I. (Association pour la recherche d’un folklore imaginaire)…

Et si, comme moi, vous vous demandez pourquoi le nom d’Antoinette trio : réponse en parole et musique au café culture concert La Claranda à Serres (à côté de Limoux) samedi 15 novembre à 21h30.

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